Cette semaine, je… S#3

Un nouveau défi nommé Cette Année, Je… lancé par Agoaye, dont voici le principe : 


Aujourd’hui, dimanche, je vous donne le verbe à utiliser cette semaine, à vous ensuite de créer la phrase que vous désirez, selon vos possibilités, selon vos envies.
Cette phrase vous accompagnera durant toute la semaine et le but du jeu est de faire en sorte qu’elle se réalise au moins une fois.
Il est important de penser à de mini-résolutions bienveillantes, destinées à vous encourager à bâtir une spirale positive et active dans vos vies.


cette semaine je rédige

Cette semaine je rédige une lettre en tant que patient.

Chers soignants,

Cette lettre vous est destinée. En effet, je voulais vous faire part de mes souhaits quand je serais vieille, très vieille et que je devrai finir mes jours en maison de retraite.

J’espère que vous aurez de la considération pour moi, du respect et de la tolérance. Je serais âgée, fragile, ralentie, dépendante et je n’aurai sans doute plus ma tête. Alors, allez doucement dans vos soins, ne me brusquez pas. Tentez de comprendre mes besoins et palliez-les. Et par pitié, essayez de respecter tout cela. 

Prenez juste un peu de votre temps pour me parler, me raconter votre journée, me parler de votre famille, vos projets, du temps qu’il fait dehors, de ce qui se passe dans le monde… J’aurai été comme vous, jeune et dynamique. A l’affût de tout ce qui se passe. Donc je souhaiterai que l’on me tienne au courant de la manière dont tourne le monde. Je souhaiterai vous connaître aussi, car vous prendrez soin de moi tous les jours. Je n’aurai probablement pas, ou peu de visites. Vous serez sans doute ma seule compagnie, mes seuls moments de gaieté dans ma journée pesante et triste.

Respectez mes choix, mes goûts, mes envies. Si je déteste les épinards, s’il vous plaît, ne m’en faîtes pas manger. Et si je n’ai pas faim, ne me gavez pas. Si je suis fatiguée, laissez-moi dormir. Si je n’ai pas envie de ma lavez, ne le faites pas. Respectez mes volontés, mes plaisirs et mes humeurs.

Pourriez-vous aussi respecter ma pudeur et mon corps. Je serai sans doute frileuse, donc pensez à mettre du chauffage pendant ma toilette, utilisez de l’eau chaude aussi. Ne me laissez pas nue au regard de tous. Faites-moi jolie. J’aurai été comme vous. Quelqu’un qui se pouponne, qui prend soin de son image. Alors, si vous le pouvez, peignez-moi comme il le faut, parfumez-moi. Changez mes habits quand ils sont sales, mettez moi de beaux vêtements et qui vont ensemble. Parez-moi de mes bijoux préférés. Et si vous le pouvez, maquillez-moi un peu.

Si je ne peux plus lire, inutile de me mettre des journaux sous les yeux, si je n’aime pas regarder la messe le dimanche, s’il vous plaît ne me mettez pas cette émission.

Si j’ai envie de prendre l’air, essayez de me sortir un peu et faites-moi découvrir le paysage environnant. Laissez-moi écouter le chant des oiseaux, humer l’air frais et découvrir la beauté de ce qui m’entoure. Si j’ai pas envie de m’amuser, emmenez-moi faire des activités, ou laissez-moi discuter avec d’autres patients.

Si vous le pouvez, décorez ma chambre, personnalisez-la. Je ne veux pas vivre dans une chambre, blanche, terne et froide. Je voudrais y mettre des photos de ma famille, de la décoration aussi.

J’espère que lorsque vous vous occuperez de moi, que votre voix sera tendre, que vos gestes seront doux et attentionnés et que votre regard sera respectueux et compatissant. Essayez de m’offrir le plus beau de vos sourires et parlez-moi gentiment s’il vous plaît.

Mais je suis bien consciente, que tout cela sera sans doute difficile à respecter. Car vous serez à court de temps, à court de personnel. Sans doute, vous n’aurez pas le matériel nécessaire pour prendre soin de moi. Vous serez probablement sous-payés. Vous serez sans doute démotivés, vous souffrirez peut-être de burn-out. Il y a des chances que vous ayez mal au dos ou que vous souffriez d’une sciatique.

Néanmoins, mettez-vous à ma place, imaginez que plus tard ce sera vous dans cette chambre, vous qui serez seul, vieux et dépendant.

J’espère aussi que d’ici-là, le gouvernement mettra des fonds à disposition des structures de soins, afin que les équipes soignantes ne souffrent plus du manque de personnel, du manque de matériel et de la course effrénée au rendement. Car ceux qui souffrent de tout cela, ce sont évidemment le personnel qui travaille tant bien que mal et les patients qui reçoivent les soins.

J’espère que cette lettre vous permettra de prendre soin de tous les autres patients qui n’auront su révéler leurs souhaits.

Merci.

soins

Défi relevé, belle semaine à tous.

Voir le défi précédent 

 

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Comments

  1. […] Voir le défi précédent de Cette année, je… […]

  2. Une lettre magnifique, touchante et remplie d’humanité qui rappelle qu’être diminuée ne veut pas dire que l’on a encore un coeur, une âme et que l’on mérite toujours autant de respect !
    Merci pour ces mots justes qui ont besoin d’être rappellés à ceux qui l’on oublies…

    1. Merci ma belle, tes mots me touchent

  3. Très touchant.
    Mon homme est aide soignant et travaille en maison de retraite. Il a la foi et s’applique à faire son travail au mieux mais que la réalité est difficile…
    A défaut de pouvoir tout changer, il reste bienveillant et fait de son mieux avec ce qu’on lui donne.

    1. Il a bien raison alors, qu’il continue ainsi et qu’il fasse de son mieux. C’est un milieu complexe
      Bises

  4. Agoaye says:

    Pfiou… Une grosse claque d’humanité que cette lettre, elle est magnifique. Merci

  5. vassilia says:

    lettre très touchante, tout cela semble tellement “normal” mais malheureusement comme dans tout boulot la routine, le manque de temps, la fatigue doivent faire que l’on oublie que l’on s’adresse à des personnes “uniques”. une belle lettre pour le rappeler, merci 🙂

    1. Mais de rien et effectivement nos conditions de travail ont tendance à nous faire oublier tout cela bises

  6. Melle Bulle says:

    je ne suis pas soignante mais assistante sociale hospitalière. Cette lettre me touche car je veille, justement, au quotidien, à ce que chaque personne, vieille ou moins vieille, sois traitée avec le même respect que tu décris 🙂

    1. coucou, à travers ton poste tu y contribue et c’est génial, continue de la sorte 😉 bises

  7. Stéphanie says:

    ce que tu souhaites ne devrait être que la normalité, le minimum que l’on souhaiterait recevoir. Mais faute de temps, de moyen, la vieillesse est souvent déshumanisée, oubliée en attente d’un fin qui, de plus en plus tarde à venir. Cette lettre est un véritable cri : d’alarme, d’amour pour ces vieux (terme absolument pas péjoratif) que l’on laisse … bravo

    1. merci à toi, j’espère que les consciences de certains deviendront meilleures 😉 bises

  8. Cli says:

    Très touchant et très juste.

  9. Yasmine says:

    Très joli témoignage j’aimerais aussi de telles choses

    1. merci à toi, c’est pour cela qu’il faut transmettre de bonnes valeurs à celles qui sont sur le terrain 😉

  10. Ronia says:

    Très émouvante cette lettre, je suis toute bouleversée… Merci ma belle 🙂

    1. mais de rien, étant dans le milieu depuis plusieurs années maintenant, je me rend compte de tout un tas de choses qui me dépassent et m’énervent. J’aimerai que les choses changent ! bisous

  11. Marie Kléber says:

    Une lettre très émouvante. C’est vrai qu’il y a le manque de temps, de personnel, de structures, d’argent aussi. Mais je pense qu’un regard, une attention, un sourire, un bonjour peuvent aussi faire une différence. Parfois ça vaut le coup de prendre ce temps pour aider l’autre.
    Merci ma belle.

    1. De rien, bien sûr il y à toutes ces raisons, mais il y à aussi effectivement le comportement du soignant en face. Agréable ou non, souriant ou pas, bienveillant ou non, pressée ou pas, avec des soucis perso ou pas ! C’est un métier difficile de par son implication personnelle, c’est pour cela qu’il faut savoir se remettre en question souvent. Bisous

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