Il fût un temps où j’étais obsédée par ma ligne. Fixée sur mon poids. Accaparée par mes repas. Je ne vivais plus que par mon poids, mon tour de taille, mon tour de cuisse, mon tour de ventre.

Le miroir, mon miroir, reflétait  un corps  immonde. Gros. Gras. Moche. Laid. C’est tout ce que je voyais.

Ce que j’étais ? Une fille pas très haute. Un petit mètre cinquante-trois, accompagné de trente-neuf petits kilos ! Tout ce que je touchais ? De la graisse, du gras, des formes, des bourrelets.

Je me revois encore, assise à mon bureau. Une feuille, un crayon dans la main, traçant la courbe de ma perte de poids, la fuite de ma vie.

Mes compagnons de repas étaient peu nombreux. Café, sans sucre. Yaourt, sans sucre. De l’eau. Le café me donnait l’énergie pour tenir la journée. Mon ventre criait famine la nuit.

Je connaissais la plupart des aliments et leurs calories. Une pomme =  73 calories, une banane = 136 calories, un yaourt nature = 55 calories.

Mes excuses pour sauter des repas ? J’ai déjà mangé avec Untel. Je mange pas ici, je mange chez Unetelle. Excuses toujours bidon, bien sûr. Je n’ai pas très faim. Je me sens nauséeuse……

Insomnie, vertiges, fatigue, stress, déprime, anxiété, tachycardie… teintaient mes jours et mes nuits.femme

Ce que les autres disaient ? Tu es anorexique ? Tu fais un régime ? Tu as des soucis ? Tu es malade ?

Et moi : J’ai juste perdu quelques kilos. C’est parce que je fais de jogging et de la boxe, c’est pour ça. Mais tout va bien !

En fait, c’était plus que ça. Je me fatiguais volontairement au sport. Je faisais toujours plus d’efforts, toujours plus d’exercices.

Le visage creux, les yeux cernés, le teint grisâtre, je ne me voyais pas de la sorte. Je ne me voyais pas malade. Je ne me voyais pas mince.

Horrible est cette oppression que vous ressentez. Horrible est cette course à la perte de poids. Les journées gâchées à ne prendre aucun plaisir à manger. A compter toutes les calories. A penser, à toucher, à vivre : POIDS ! POIDS ! POIDS !

Horrible est cette maladie.ballerines

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6 comments
  • rommy
    16 juillet 2015 at 18 h 51 min

    oula comme je me reconnais il y a 5 ans dans ton article…les excuses, les calculs etc. C’est vraiment une horrible maladie, qui s’installe de façon insidieuse . A l’époque je pesais 33kg au pire de pire pour 1,58, un tas d’os mais je ne m’en rendais évidemment pas compte malgré le regard effaré de mes parents et des alertes des amis . j’ai fait deux “séjours” dans un hopital psychiatrique car il n’y a pas de structure spécifique à cette connerie. Quand je regarde le peu de photos qui ont été prises à ce moment là, bah ça fait me fait mal au coeur d’avoir fait souffrir mes parents . Aujourd’hui je garde quelques habitudes d’anorexiques mais je suis revenue à mon poids “normal”. je ne sais pas si on en guérit vraiment…qu’en penses tu ?

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    • Neurones en Eventail
      16 juillet 2015 at 19 h 58 min

      Oui je pense que l’on garde toujours des petits quelque choses de ça ! Je fais encore attention à ce que je mange et ce que ça contient mais je me fais plaisir maintenant ! Même si je pese plusieurs fois par semaine !

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  • Nolwenn
    16 juillet 2015 at 16 h 46 min

    Il est heureux que tu t’en sois sortie 🙂

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  • Gloss à Moelle - Fanny
    16 juillet 2015 at 15 h 04 min

    J’ai peu connu l’anorexie, juste par périodes car j’ai été boulimique (et les boulimiques ont souvent des phases d’anorexie, qui durent très peu de temps puisqu’elles “replongent” dans la nourriture). Je connais juste les même sensations de dégoût de soi. J’y pense chaque jour, même si je ne suis plus boulimique depuis des années. Merci pour ton article !

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    • Neurones en Eventail
      16 juillet 2015 at 15 h 26 min

      😉 courage, car aucune de ses maladies ne sont simples, je m’en suis sortie il y à quelques années maintenant ! Bises

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