Manon était sereine. Il ne lui restait plus qu’un seul partiel à passer et enfin elle aurait son diplôme. Tous les autres, elle les avait réussis haut la main et n’en était pas peu fière.

Toute l’année, elle avait fourni un travail de titan pour réussir son année et réaliser ses rêves. Elle consacrait presque tout son temps libre aux révisions et à l’école. Elle sortait peu, voyait guère son petit ami qui le lui reprochait souvent d’ailleurs et ne s’offrait presque jamais de plaisir quotidien. Elle visait plus loin. Partir pour Londres et trouver un job là-bas. Elle aurait bien le temps de sortir une fois son boulot en poche, se disait-elle à longueur de journée.

Pour l’heure il fallait qu’elle révise, qu’elle trime, qu’elle vive et respire travail, études, révisions. Plus tard elle profiterait, plus tard elle sortirait, plus tard elle s’amuserait avec ses amis et son copain. Plus tard… Ils pouvaient comprendre tout de même !

Elle tenait bon, se privant de tout extra qui pourrait lui ôter quelques heures de révisions.

Demain, il ne lui resterait qu’un partiel, le dernier de toute cette trop longue série, il commencera à 8h. Elle avait déjà beaucoup travaillé dessus et pour elle c’était le plus simple, elle le décrochait facilement. Ces efforts allaient payer et enfin elle goûterait la liberté.

Ce soir c’était son anniversaire. Son petit ami Marco voulait qu’elle fête ça dignement. Et ça tombait bien, car les étudiants du campus, organisaient une petite soirée. C’était l’occasion idéale de revoir tout le monde avant que chacun ne parte pour d’autres horizons.

Après de longues heures de persuasion par Marco, Manon s’était enfin décidée à y aller avec lui. Après tout, demain, il ne lui resterait que le partiel le plus simple qui soit pour elle. Elle pouvait bien sortir quelques heures avant la grande fin. Elle se couchera tôt pour tenir les 4 heures d’épreuve qui l’attendaient.

Marco arriva chez elle, tout fier et content qu’elle ait enfin accepté de l’accompagner. Il la serra fort dans ses bras, la couvrit de baisers en lui susurrant ces mots doux qu’elle aimait tant.

Ils arrivèrent chez les parents de Gregory qui possédaient une immense demeure. Il fallait croire qu’il avait invité tout le campus, la maison était bondée de monde. Certains étaient déjà bien éméchés, d’autres dansaient à moitié nus, mêmes les filles étaient très peu vêtues. Manon n’appréciait guère de voir autant de débauche. Elle se colla à Marco, et ne le quitta pas d’une semelle. Elle ne voulait pas que d’autres gourdasses viennent lui mettre le grappin dessus.

Un type qu’elle ne connaissait que de vue s’approcha d’eux en leur proposant à boire. Il y avait du jus de fruit et leur fameux cocktail : le zombie. Mélange de rhum, de liqueur, de jus de fruits… Un cocktail très bon, mais très fort. Marco accepta un verre, Manon se laissa aller et en prit un aussi.

Elle le savoura, buvait doucement pour ne pas avoir la migraine demain matin.

Puis des amis à eux les rejoignirent. Ils étaient tous assis dans des sofas, dans le salon pendant que sur l’écran géant passait un match de rugby. Manon aimait encore assez ce sport.

Peu de temps après, sa tête commença de tourner, le cocktail devait être fortement alcoolisé. Marco partit, sans doute aux toilettes ou fumer une cigarette. Elle préféra rester assise, elle ne voulait pas le suivre et prendre le risque de tituber au milieu de toute cette foule.

Elle était toujours posée là et se sentait fatiguée, certaines personnes étaient parties, d’autres étaient revenues. Elle en connaissait certains et d’autres non. Marco n’était toujours pas là. Un jeune homme qu’elle avait croisé quelques fois sur le campus s’approcha d’elle.  Il lui fit remarquer qu’elle avait l’air fatigué. Elle approuva tout en lui disant qu’elle commençait par avoir une grosse migraine. Le jeune homme lui proposa de lui offrir un cachet pour soulager la douleur. Elle accepta.

Il revint cinq minutes plus tard avec un grand verre d’eau bien frais et le comprimé. Elle l’avala d’une traite espérant qu’il agisse vite. Le mal était fait.

Pilule

Quelques minutes plus tard, plusieurs garçons s’approchèrent d’elle. Ils devaient être quatre ou cinq et elle ne les connaissait pas. Ils la portèrent et l’emmenèrent en haut de l’escalier. Elle avait la tête dans le brouillard.

La peur la gagnait. Elle tenta d’appeler Marco, mais n’y arrivait pas. Elle ne pouvait articuler des mots, aucun son ne sortait. C’était trop dur. Elle se sentait lourde, engourdie et n’avait plus de réflexe. Que lui arrivait-elle et que lui voulaient ces garçons ? Elle paniquait, étouffait et une boule d’angoisse naissait en elle. Elle voulait hurler mais était trop fatiguée.

Ils arrivèrent à l’étage et poussèrent la lourde porte. Elle y reconnu un lit, des caméras, ils la jetèrent dessus…

Des heures passèrent, elle se réveilla et regarda sa montre… 8h30. Elle avait froid, elle regarda autour d’elle. Elle était dehors, dans un champ, à moitié nue. Elle ne comprenait rien, n’avait aucun souvenir, ne savait pas où elle était et n’avait plus son téléphone portable… Que s’était-il passé ?

Elle rampa sur le sol mouillé par la rosée, cria de douleur, de froid, pleura de terreur et hurla à plein poumon le nom de Marco !

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