Lettre ouverte de soignants,

Juste une suite de mots dans un enchaînement de phrases, ponctué de sens, pour clamer notre mécontentement.Mécontentement qui s’amplifie jours après jours, années après années, de soignants en soignés.

 

Paraît-il que les budgets sont serrés, paraît-il qu’il est difficile de recruter du personnel ? En même temps, aux vues des conditions de travail, cela ne m’étonne guère… Qui à envie de travailler de coupé, les week-end et les jours fériés avec si peu de reconnaissance ? Qui à envie de se voir interdire les vacances de Noël pour raison de service ?

burn out
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Ce que je vois moi, ce sont des soignants qui souffrent d’un ras-le-bol, qui s’épuisent, et qui regrettent de voir l’avenir de la prise en charge de nos malades, nos patients, nos anciens… Ce n’est pas faute d’avoir l’envie de bien faire, parce que la passion est là, l’envie de faire toujours plus est présente, l’idée de respect, de bienveillance, d’accompagnement et de patience, tout est là… Mais les moyens autour ne s’y trouve pas forcément en adéquation.

 

Pouvez-vous me dire où trouver le temps de leur lire leur journal ? De soigner leur coiffure ? De s’asseoir près d’eux et d’écouter tout ce qu’ils ont à transmettre ? Où trouver le temps, d’effectuer des soins de confort digne de ce nom ? Où trouver ce temps pour les accompagner lorsque leur fin est toute proche ? Comment faire face aux mécontentements de ces familles ? Croyez-vous qu’il est juste de voir un membre de famille prendre le balai pour nettoyer la chambre de son aïeul ?

En parlant de famille, savez-vous que pour certains résidents, ils n’ont plus que nous pour “famille” ? Savez-vous qu’ils nous reprochent constamment de ne pas rester assez longtemps vers eux ? Savez-vous qu’en fait, ils ont juste besoin de nous ?

Ah … J’oubliais que, vous, Chers dirigeants, députés, sénateurs… ne comprenez pas, n’imaginez même pas de quoi on vous parle. Oui, car vous, vous avez affaire à des centres de soins privés, des professionnels médicaux bien à vous… Les délais d’attentes, vous ne connaissez pas, les erreurs de soins vous ne connaissez pas, les urgences sur un brancard vous n’imaginez pas, une bouillie dans un bol vous ne vous en doutez pas… Des soignants aux traits tirés vous ne côtoyez pas, le manque de personnel vous ne le voyez pas, du personnel rappelé sur ses repos, ça ne vous intéresse pas (après tout, on a signé, n’est-ce pas ?).

Ne venez pas nous raconter, que pour trouver des solutions, il faut supprimer des RTT ou mettre encore plus en place des horaires de coupés, ou encore plus de week-end à travailler… Non… Car comme vous, nous avons une vie de famille, une vie sociale, une vie culturelle qu’il serait bon d’entretenir. Et sachez que des bons soins, passent par un personnel qui va bien, qui est reposé et qui ne souffre pas de maladies professionnelles…

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J’ai bien une idée pour trouver des fonds, mais je doute qu’elle vous plaise cela dit. Cela ne vous intéresserait pas de payer moins de personnel au gouvernement ? Vous pouvez également travailler en coupé ? Vous pouvez évidemment ne pas abuser de déductions fiscales, vous pouvez sans doute vous passer de toutes ces enveloppes budgétaires qui paient ci ou ça de votre train de vie, vous pouvez aussi vous abstenir d’avoir des repas chocs en restaurant régulièrement, pour ne pas dire quotidiennement ? Vous pourrez … Je n’aurai assez de mes lettres pour développer le tableau de vos avantages. Mais si vraiment, on taillait dans tous ceux-ci, je crois que l’argent pourrait-être redistribué à bon escient…

 

À bon entendeur…

 

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Comments

  1. […] À quel moment pourrons-nous espérer un avenir meilleur pour la santé, NOTRE SANTÉ ? […]

Vous pouvez bien entendu, laisser un petit brin de votre passage ici :