La soirée était froide, la bise lui mordait le visage, Amélia bravait le froid pour se rendre à son appartement. Elle poussa le porte, déposa son manteau aux crochets présents sur le mur de l’entrée, ôta ses ballerines et s’installa dans son canapé. Son chat l’attendait, réclamant mille et un câlins.

Elle pouvait se détendre enfin…. Mais il lui manquait quelque chose…Elle se leva, contourna le bar qui séparait sa cuisine de son salon, ouvrit sa cave à vin et se servit un verre de Gevrey Chambertin 1er cru de 1996. La bouteille coûtait certes un peu cher, mais son père la lui avait offerte car il savait qu’elle appréciait le bon vin. Il s’était évertué à mettre de l’argent de côté pour pouvoir faire plaisir à sa fille qu’il chérissait par-dessus tout.

Amélia savourait cet instant. Installée confortablement dans son canapé, les jambes étendues sur sa table basse, elle dégustait ce vin, en imaginant qu’elle aurait pu vivre des instants magiques avec Maxime !

 

                Le lendemain matin, elle se leva accompagnée d’une migraine sans doute due à sa copine la bouteille de Gevrey, à force de vouloir ressasser le passé.

Elle appela Claire son amie d’enfance et également meilleure amie. Ensemble, elles avaient fait les quatre-cent coups ! A l’école déjà, elles s’amusaient à coller de la pâte à modeler dans les cheveux des filles qu’elles n’aimaient pas ou à mettre de la terre et des cailloux dans leur cartable. Elles se cachaient dans la cours de récréation alors que c’était l’heure de rentrer en classe… Au collège elles allaient fumer leurs cigarettes dans les toilettes, elles arrivaient en mini-jupe au cours de sport de Mr. Harris … Claire et Amélia aimaient à se faire remarquer et à braver les interdits. Bien sûr, leurs parents étaient loin de les féliciter pour leurs comportements, mais les punitions n’avaient servies à rien étant donné leurs caractères rebelles et têtus.

Claire décrocha :  

 

          Amélia si c’est toi, tu ne vas pas croire ce qui m’arrive ! dit-elle avec engouement

          Euh…oui c’est moi, qu’as- tu fais encore ?

          Ce matin en me rendant au boulot, j’ai rencontré un homme ! Enfin…disons plutôt qu’il a rencontré ma voiture dans un premier temps…

          Quoi ! dit-elle horrifiée. Claire en avait encore faite une !

          Ce n’était pas voulu, mais quand j’ai voulu changer de station radio sur mon poste, et tu sais bien qu’il est tout pourri, il a débarqué devant le capot de ma Clio, sans que je m’y attende !

          Forcément si tu ne regardais pas ta route !

          Tu oses me dire ça, alors qu’il y a tout juste deux semaines tu as défoncé un pylône électrique !

          Il s’agissait d’un concours de circonstance, rappelles-toi !

          Oui, bon je te l’accorde…Bref, là, il a commencé à me crier dessus comme un forcené, mais quand j’ai baissé la fenêtre pour m’expliquer avec lui, je lui ai fait mon regard de biche, tu sais celui qui marche à tous les coups, et alors là, c’est lui qui s’est excusé d’avoir traversé un peu trop rapidement ! Après lui avoir demandé comment allait sa jambe que je venais de heurter, il m’a glissée sa carte de visite afin de parler ULTERIEUREMENT de la santé de sa jambe! Tu te rends compte Amélia …? Ce type beau comme un dieu, m’a donné son numéro de téléphone personnel pour qu’on se revois ! Je crois que je viens de tomber amoureuse!….

           

            Amélia raccrocha le téléphone en soupirant. Claire tombait amoureuse d’un homme au moins trois fois par mois, contrairement à elle, qui n’arrivait toujours pas à se sortir Maxime de la tête. Maxime était gentil, beau comme tout. Attentionné mais féru de travail. D’ailleurs dans sa boîte, il y passait beaucoup de temps, il travaillait dans le marketing, et au grand malheur d’Amélia, il était entouré de jolies jeunes femmes. Jusqu’au jour où, à force d’être entouré, c’est lui qui en entoura une dans leur lit. Amélia ne supporta pas cette trahison et le jeta dehors avec toute la peine du monde. C’était avec lui qu’elle rêvait de fonder une famille, c’était à ses côtés qu’elle aurait voulu voir défiler le temps et profiter de chaque journée. Voilà que ses rêves s’effondraient.

 

                Amélia se décida à ranger un peu son appartement et nourrir Dexter, son chat. Il fallait qu’elle aille acheter un cadeau d’anniversaire pour Claire qui allait bientôt avoir trente ans. Elle prit son manteau, le plus beau de sa collection de cuir et partit faire les boutiques. Elle flâna dans le dédale des rues de Londres, emmitouflée dans sa grosse écharpe de laine offerte par Maxime pour leur premier anniversaire de rencontre. Elle était douce et lui rappelait de nombreux souvenirs. Les ballades à Hyde Park notamment, et leur premier baiser aussi.

 

                Amélia pénétra dans une boutique de décoration, elle prenait le temps de découvrir les rayons, de toucher tout ce qu’elle trouvait joli. Elle tomba toute de suite sous le charme d’un superbe tableau représentant la tour Eiffel. Claire avait toujours rêvé d’y aller, mais n’en avait encore pas eu l’occasion. Elle pensa alors que ce serait un merveilleux cadeau d’anniversaire. Au moment de s’emparer de sa découverte, elle croisa le regard d’un homme qui était en train de la dévorer du regard. Amélia n’était pas indifférente à ce regard, si perçant qui lui donnait des frissons dans toute la colonne vertébrale. Elle lui répondit par un sourire gêné. L’homme s’avança. Elle tremblait. Elle voulait fuir. L’homme l’impressionnait, elle le trouvait tellement séduisant, charismatique, élégant. Il se présenta:

 

          Bonjour, je m’appelle Stan.

          Euh, bon… bonjour, bafouilla Amélia.

          Je n’ai pu m’empêcher de venir vers vous. Je ne sais pas, c’est comme si je devais absolument connaître votre prénom avant de quitter le magasin.

          Ah, euh… Amélia avait les rouges cramoisies, elle était très perturbée par l’aplomb de cet homme.

          Alors comment vous appelez-vous ?

          Moi ? Euh… Amélia.

          Très joli prénom Amélia, il vous va à ravir. Vous avez un nom de famille peut-être ?

          Oui…Becket…Amélia Becket.

          Très bien. Merci Amélia Becket. Il lui prit la main, y déposa un baiser, toujours en la regardant de son regard perçant. Amélia était complètement déstabilisée.

          A bientôt jolie Amélia, j’ai hâte de vous revoir. Il glissa sa carte de visite dans son sac sans qu’elle ne s’en rende compte !

          Euh, oui. Au revoir…A bientôt. Elle ne savait quoi dire, les mots sortaient mais, elle aurait très bien pu dire le mot « table » au milieu de sa phrase qu’elle ne s’en serait pas rendu compte.

 

L’homme partit, elle ne bougeait toujours pas, sa bouche tombait de son visage, sous le choc de cette rencontre. Mais quelle cruche je fais, se dit-elle. J’ai dû passer pour une idiote. Mais où vais-je le revoir ? Je n’ai même pas son numéro… Amélia paya le tableau et partie complètement déboussolée par ce qui venait de se produire.

 

Le soir, elle se rendit à l’appartement de Claire, toute contente d’aller passer une soirée avec son amie.

 

–          Salut Claire, comment vas-tu ?

–          Super et toi ?

–          Bien, et en plus il faut que je te raconte quelque chose, mais avant je veux que tu ouvres ton cadeau ! Et, joyeux anniversaire ma petite trentenaire !


Claire se rua sur le cadeau, en déchira le papier brillant qui l’emballait.

 

–          Oh, il est splendide…magnifique…merci Amélia. Je l’adore… D’ ailleurs quand est-ce qu’on part à Paris toute les deux ?

–          Ravie que ça te plaise. Oui, il faut qu’on rediscute de notre escapade parisienne, je pensais qu’on  pourrait s’y rendre aux vacances de Noël, et y parcourir les marchés de Noël justement ?

–          Oui, ça m’irait, je verrais avec mon boss, s’il veut bien m’accorder un peu de vacance. Au fait que voulais-tu me dire ?

–          J’ai rencontré un homme figures-toi…un homme splendide, beau, élégant, tellement surprenant ! Et j’ai dû passer pour la plus grosse des dindes quand il est venu me parler. Oh, j’ai honte !

–          Ah, oui, dis-moi, comment il s’appelle ? Il habite où ? Il fait quoi comme boulot ? Il n’est pas marié au moins ? Il a un beau cul ?

–         Oulla, trop de question d’un coup, lâcha Amélia en rigolant ! Je n’en sais rien à vrai dire… Quand je te dis que j’ai dû passer pour une dinde, je ne lui ai même pas demandé son prénom…Je ne sais même pas si je vais le revoir… Je suis nulle, archinulle…Il me plaisait en plus et je ne lui étais pas indifférente. Quel gâchis, je suis peut-être passé à côté de l’homme de ma vie !

–          Ah, ne dis pas ça…Tu n’es pas nulle, juste un peu …comment dire…pas douée pour séduire les hommes, voilà tout.

–          Je te remercie Claire, c’est très gentil, dit-elle en écarquillant les yeux.

–          M’enfin, tu sais quoi, ce soir, il y a un invité surprise qui n’est autre que l’homme de ma vie justement !

–          Ah bon ? Mais qui ? Je pensais qu’on allait se soûler comme à notre habitude, en se morfondant sur ton canapé devant « Le meilleur pâtissier de Londres »

–          Et bah non, pas ce soir… Ce soir, j’ai invité l’accidenté de ce matin ! Le beau ténébreux que j’ai failli écraser, il va arriver d’une minute à l’autre.

–          Ah, bon… Eh bien, au moins tu n’auras pas à te morfondre ce soir, toi ! Dit-elle déçue.

 

La sonnette retentit alors et Claire alla ouvrir la porte. Un énorme bouquet de rose dans les mains de l’homme envahissait toute l’entrée.

Quand l’invité surprise passa le seuil de la porte, Amélia se décomposa et l’invité surprise n’en menait pas large. Ils se toisèrent du regard, ne sachant que dire, quoi faire. Claire ne comprenait rien à ce qui se passait.

 

–          Quelqu’un peut m’expliquer ce qu’il se passe ? Vous vous connaissez ?

–          Euh…effectivement… Nous nous sommes rencontrés aujourd’hui au magasin ! Lâcha Amélia le regard plein de reproches à l’invité surprise.

 

Pour ceux qui ont envie de s’éclater, je me suis dit, que pourquoi pas, vous imagineriez la fin de cette nouvelle! Alors si le cœur vous en dit, à vos claviers !

 

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