Mon semi-marathon de la vente des vins 2018 à Beaune

Presque un an d’attente pour mon premier semi officiel ! J’étais fin prête ! Entraînement, alimentation, repos, stress…

Je l’attendait de pied ferme celui-ci, avec quand même la boule au ventre de ne pas y arriver, de me louper, d’abandonner…

Je suis arrivée avec un peu d’avance pour faire le tour de l’endroit, visiter les lieux, me rendre compte de la foule attendue, me préparer au départ correctement…

Le départ est presque là, ça se compte en quelques secondes maintenant… 4,3,2,1… Coup de pistolet, le départ est donné… 2288 personnes se lancent dans 21,100 km au travers les vignobles de Beaune, Pommard, Meursault, Volnay sur un dénivelé de 250 mètres. Un temps mitigé, frais, du vent, du brouillard…

Je me lance au départ, je suis au trot, il faut que la foule se disperse. On part dans les vignes à un moment donné, mais le terrain est peu stable je souhaite donc regagner la route en sautant le petit muret qui nous en sépare et là… C’est le drame… Mauvaise réception… Douleur cinglante, glaciale…Entorse de la cheville droite… Tout me passe par la tête… La douleur, l’abandon, la peur d’une nouvelle fracture, l’échec…

Je m’assoie quelques secondes (de trop) contre le muret, je remets ma basket en place, j’ai peur, je vais devoir abandonner, mais ce n’est pas possible… Pas comme ça. Pas au bout d’un kilomètre. Ce n’est pas envisageable, c’est la loose. Je me relève, je repars, boitillant, je regarde ma montre, vitesse pourrie, tout le monde me double, j’ai mal mais je me tiens à mon objectif. Je dois le faire, je dois avancer, trop d’attente pour devoir abandonner. Je me dis que je vais faire 2/3 kilomètres et après je verrai où se situe ma douleur et si nécessité, je m’arrêterai.

Le parcours monte, en même temps il grimpe pendant 17kms, donc, mais ma cheville tient, selon comme je pose mon pied. Je continue, je remonte ma vitesse, je reprend un peu de place sur les autres, au bout de quelques kms je ne sent plus la douleur. Je me dis que ça y est, ce n’était rien, juste une mauvaise foulure… Je continue…

parcours

Déjà 10kms de faits. Il en reste autant. J’ai encore la pêche, la douleur est intermittente mais gérable, je ne peux pas trop accélérer par contre car j’ai mal.

Certains se sont arrêtés au ravitaillement, je n’en ai pas besoin. Je continue sur ma lancée. Mon cardio est correct, il tourne autour de 170, il est un peu haut c’est sûr mais en même temps, le terrain se fait essentiellement en montée. Donc ça va. Je ne me sent pas épuisée.

14ème km. Rencontre d’un pote inconnu. Il me complimente sur ma foulée en montée, c’est mon point fort. Le sien : la descente. Alors on se suit. Il s’accroche à ma foulée en montée et je m’accroche à la sienne en descente car c’est mon point faible. On poursuit ainsi. Je lui dit qu’on à fait le plus dur, soit les 2/3 du circuit… Il en reste qu’un tiers… C’est rien… Sauf que surprise : la grosse montée arrive… 16ème km ! Oula, ça pique ! La route grimpe sévère, plusieurs marchent, j’essaie de ne pas succomber, car si je marche je sais que je ne démarrerait plus. Je m’accroche… J’arrive sur le plateau… La descente se fait sentir.

Voilà, j’entame la descente… Elle se poursuivra sur 2/3 kms et ensuite du plat nous attend. Une fois que j’ai pu gagner en souplesse de cardio, je me dis qu’il faut que je m’active un peu plus dans les derniers kms, je n’ai rien à perdre, il faut que je me bouge pour tenter de gagner quelques places.

Je me motive, on se suit toujours avec mon pote inconnu, finalement on se dit qu’on a trouvé un bon binôme ensemble, c’est chouette.

Les derniers kilomètres arrivent, je me dis qu’enfin, je vais finir ce que j’avais longtemps attendu… Que j’y serai arrivé malgré une torsion de cheville au départ.

L’arrivée est proche, je donne un coup de talon et je double quelques participants (après tout, ce serait dommage de laisser quelques places perdues devant moi), je vois l’arrivée, je tiens mon rythme et voilà, la ligne est franchie… Me voilà au bout de la course… J’arrête ma montre… 1:59:25 pour mon semi. J’attends mon pote binôme inconnu. On se remercie mutuellement. Je suis rave d’avoir croisé sa route car je pense que j’ai pu me dépasser grâce à lui.

Résultat officiel : Arrivée en 2:00:11… Ma montre s’était mis en pause à mon premier km lors de mon accident de parcours. TAMPIS. Je pensais être sous les 2h… Mais non…Presque…

Le soir, ma cheville n’a fait que doubler de volume… Glace, antalgiques, anti-inflammatoires…

Le lendemain, réveil à 4h40 pour le boulot. Réveil difficile, marche claudicante… Ma foi, j’irai au travail quand même, on est dimanche et je ne peux annuler mon poste d’aide-soignante à la dernière minute.

Matinée faite, je me rends aux urgences pour un examen de ma cheville. Rien de cassé, rien de déchiré. Une belle entorse. Des hématomes qui entourent tout le pied, un pied de mammouth et de la douleur comme il se doit. Pas de sport pendant 6 semaines… Ouchhhh… Bon dans ma misère, je n’ai rien de cassé et j’ai fini mon semi.

Il n’empêche que le dimanche je ne peux m’empêcher de m’en vouloir.

Si je n’avais pas sauté ce fichu muret, j’aurai encore un pied en bonne et due forme et j’aurai sans doute fait un temps bien meilleur ou pas… Allez savoir !

Une expérience qui montre aussi que le mental à une force tenace sur le corps et qu’il est possible de se dépasser largement avec le plus grand acharnement qui soit.

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Comments

  1. […] pas… J’étais fin prête pour le semi et bien stressée aussi. Je vous le racontes ici […]

  2. Pat says:

    Bravo! Moi qui cors régulièrement je ne peux que te féliciter pour cette course… à rebondissements.

    1. Un très grand merci à toi

  3. […] en arrêt forcé depuis deux jours à cause d’un bête accident de parcours, je trouve le temps plus que long et je sens le côté déprime pointer le bout de son […]

  4. yasmine D. says:

    Bravo, tu as fait preuve de courage. La faute au muret tu es allée au bout et c’est le principal. Et comme quoi l’entraide c’est important.

    1. merci bcp ma belle, me voilà donc en arrêt aussi parce que j’ai sur-sollicité ma cheville ! Bref ! je vais prendre mon mal en patience ! des bisous

  5. Richard Hénaut says:

    Bonjour et bravo pour votre semi dans ces conditions. Votre récit me galvanise ! J’ai 65 ans bien tapés. Ma dernière saison de courses de 10 miles date de 1996 (4 joggings) puis pratiquement plus de sports. Ce 10 novembre 2018 j’ai participé à un jogging de 14.3 kms sans entraînement préalable et j’ai envie d’aller plus loin et de tenter un semi en 2019. Je sais que je vais devoir me remettre à un entraînement sérieux (et surveiller mon alimentation).

    1. Merci à vous ! Et bien si l’envie vous en dit; faites le ! En effet avec la préparation adéquate ! Alimentation, repos, fractionnés… Mais avec l’entraînement et la patience on y arrive ;- Bonne chance à vous pour 2019 !

  6. Cécile C says:

    Bravo et respect … tu peux être fière de toi, moi, je le suis. Gros bisous et soigne toi bien

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