Mais d’où viennent et que signifient nos expressions françaises ? Le savez-vous ? On les utilise couramment mais sans savoir quel sens s’est caché derrière, c’est pourquoi, aujourd’hui, je fais le tour de cinq expressions courantes !

 

1 – Donner sa langue au chat

C’est renoncer à deviner et à trouver la solution

Origine : «  Cette expression n’apparaît qu’au XIXe siècle.

Auparavant, on disait “Jeter sa langue aux chiens” (Mme de Sévigné). Aux chiens, on jette les restes, ce qui n’a plus de valeur.

Leur jeter sa langue, c’est leur abandonner son organe de la parole qui n’a plus d’utilité puisqu’on ne dira jamais la solution qu’on renonce à chercher.

Mais pourquoi les chiens sont-ils devenus un chat auquel on donne au lieu de jeter ?

“Mettre quelque chose dans l’oreille du chat” (George Sand), c’était lui confier quelque chose qui devait rester secret, oublié. Le ‘chat’ avait donc connaissance de beaucoup de choses sans pour autant être capable de les divulguer, car à part le chat botté, il y a peu de ces animaux qui parlent.

Donner sa langue au chat serait ainsi un mélange de “jeter sa langue devenue inutile” mais “la confier au chat” pour être sûr qu’il la gardera, peut-être pour le cas où on déciderait de la récupérer plus tard.

A moins, tout simplement, qu’on ait voulu adoucir le jeter sa langue au chien, en remplaçant jeter par donner, plus sympathique, et chien par chat, vu comme moins féroce… »

donner sa langue au chat

2 – Avoir la main verte

Savoir s’occuper comme il faut de ses plantes

Origine : « Au cas où ne vous en seriez pas encore rendu compte, la main est un organe extrêmement utile. C’est grâce à elle que vous pouvez réussir des travaux variés comme faire du crochet, placer des tuiles ou bien retourner une crêpe (et je passe sous silence d’autres occupations solitaires dont les enfants ne doivent pas entendre parler).

L’apparition de la locution “avoir la main” pour désigner quelqu’un qui est habile dans un domaine particulier ou dans le maniement de quelque chose, est donc assez logique, la ‘main’ se confondant alors avec la capacité à bien l’utiliser.

D’ailleurs, ce quelqu’un aura d’abord dû “se faire la main” pour acquérir son savoir-faire.

Et quand le domaine où l’habileté s’exerce touche aux plantes qui, vous l’aurez certainement remarqué, sont en majeure partie vertes au printemps et en été, il était tout aussi normal qu’une personne habile dans le jardinage et l’entretien de ce qui pousse en terre soit désignée par un “elle/il a la main verte”. »

avoir la main verte

3 – Monter sur ses grands chevaux

Se mettre en colère, prendre de haut

Origine : « Autrefois, alors que le cheval était le moyen de locomotion principal, on en utilisait plusieurs sortes et, parmi celles-ci :

Le palefroi servait pour les parades, pour les voyages et comme monture pour les dames ;

Le sommier (la bête de somme) portait les armes et les bagages ;

Le destrier était le cheval de combat, animal de race et de grande taille (il était ainsi nommé parce l’écuyer l’amenait de la main droite au chevalier).

Lorsque les chevaliers combattaient, ils montaient sur des destriers et plus le “cheval de bataille” était grand, plus ils pouvaient observer et dominer l’adversaire.

Ainsi, à l’origine, monter sur ses grands chevaux, c’était, pour une troupe de chevaliers, partir à la bataille en chevauchant de grandes montures.

De la fougue et l’ardeur nécessaires pour partir ainsi en guerre, il nous est resté, au figuré et depuis la fin du XVIe siècle, cette expression où la fougue est devenue celle de celui qui s’emporte. »

 

4 – Casser les pieds de quelqu’un

Ennuyer, embêter une personne

Origine : « Il semble que l’association du verbe casser avec un nom d’organe vient de l’expression “rompre les os” du XIIe siècle. Cependant l’idée d’importuner vient de la locution de 1450 “casser la cervelle”.

Plus tard, vers 1890, cette expression se transformera en “casser les oreilles” ou “casser les pieds” mais gardera toujours la signification de déranger quelqu’un, souvent et de façon inopportune, pour des affaires non prioritaires ou des propos passablement futiles.

“Importuner quelqu’un” se dit aussi, actuellement, dans d’autres variantes particulièrement vulgaires du type: “casser le cul” ou “casser les couilles”.

casser les pieds de quelq'un

5 – Mettre les pieds dans le plat

Aborder une question délicate avec une franchise brutale.

Commettre une bévue grossière, un grave impair.

Origine : « Dans un repas entre amis, celui qui aurait l’outrecuidance de monter sur la table et de mettre ses pieds dans un plat soigneusement mitonné par la maîtresse de maison ferait une gaffe de premier ordre et prendrait le risque d’être immédiatement éjecté par la fenêtre par une cuisinière et des convives excédés.

Il n’en faut pas plus pour imaginer aisément l’origine de notre expression, dans sa deuxième signification.

Mais peut-être faut-il parfois se méfier des métaphores à l’origine trop évidente ! Car selon Pierre Guiraud dans “Les locutions françaises”, la source de cette expression qui date du début du XIXe siècle ne viendrait pas de ce malotru peu respectueux des endives au jambon de son hôte.

En effet, pour lui, cette locution serait née d’un jeu de mots entre les termes franco-provençaux ‘gaffe’ pour ‘gué’, ‘gaffer’ pour ‘nager’ ou ‘patauger’ et ‘plat’ pour “étendue d’eaux basses”. »

Celui qui met les pieds dans le plat et qui commet donc une belle ‘gaffe’ serait celui qui remuerait les pieds ou pataugerait dans une eau peu profonde au point d’y mélanger de la boue ou de la vase, personne qu’on comparerait à celui qui agiterait maladroitement une question à ne surtout pas aborder. »

 

Source : enseigner.tv5monde.com

archibald

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