Penser ses arrières

Elle savait qu’elle n’arriverait pas à s’en échapper. Tout la rattrapait à mesure qu’elle avançait et qu’elle pensait mettre ça sous clé. Elle pensait que le capuchon était bien scellé, bien jointé qu’aucune aspérité ne s’était installée. Elle y croyait dur comme fer. Mais le fer ne semblait pas être aussi résistant que le voulait sa chimie.

Rien ne devait sortir, plus rien ne devait se faire ressentir, tout devait rester ici et ne plus montrer un bout d’existence. Tout devait se taire et surtout repartir. Il ne fallait plus y penser, ne plus s’y confronter, ne plus redouter.

Par moments ça marchait bien, la voie était libre, tout était dégagé à l’horizon. Rien en vue, rien à ressentir, rien à redouter. Rien ne laissait penser qu’à un moment donné elle serait dérangée et qu’elle allait devoir s’y confronter de nouveau. Le répit n’avait été que de courte durée, un temps qui n’avait presque pas connu, ni de début, ni de fin. L’espace-temps s’était distendu.

peur

Il fallait penser à toujours vérifier ses arrières. Que tout était bien resté comme ça devait l’être. Il fallait être certaine de ne pas se laisser submerger par tous ces éclats qui voulaient jaillir.

Parce que ça cognait derrière, ça faisait du bruit, ça tapait fort pour se faire entendre, se faire voir. Mais ce n’était pas le moment. Le silence était de mise, le bruit devait passer en sourdine, il fallait que tout reste au calme, qu’il n’y ai pas de remous et que rien ne dépasse. Tout ce fatras devait rester au loin, gagner en distance et se faire oublier.

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Comments

  1. Pas toujours évident cette distance. Laisser les choses derrière surtout des choses qui reviennent parfois nous narguer. Ne pas les regarder, regarder droit devant. Pas toujours facile.

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