Manon était seule, triste. Les journées lui paraissaient interminables. Heureusement sa fille, Emeline était encore là, mais pour le moment elle était plongée dans le coma, en service de pédiatrie…

Elle avait survécu à cet accident de voiture, mais pas sans séquelles.

Manon était perturbée et se questionnait beaucoup. La voiture avait été retrouvée au pied de la falaise, déchiquetée. Mais le corps de Peter avait disparu, aucune trace, rien.

Comment était-ce possible ? Pourquoi avait-on retrouvé Emeline et pas Peter ? Que s’était-il passé ? L’accident de voiture était-il la faute de Peter ? Ou bien la faute d’un conducteur qui avait pris la fuite ? La police menait l’enquête. Car Peter était toujours très prudent en voiture, et cette route il la connaissait par cœur. De plus, c’était un pilote averti. Il aimait conduire sur circuit à ses heures perdues. Alors pourquoi ? Pourquoi cet accident ?

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Manon, se rappelait à présent que son mari avait un comportement étrange ces derniers jours. Il rentrait tard le soir, était vague quand à ses explications, il avait de nouvelles fréquentations, des hommes notamment. Mais y avait-il seulement des hommes ? Est-ce qu’une femme n’était pas dans l’ombre des fréquentations de Peter ? Peut-être avait-il une liaison ?

Non, non. Manon, ne pouvait le croire. Leur amour était tellement fort, tellement unique et indestructible. Ils avaient déjà traversés tant d’épreuves ensemble, que rien ne pouvait briser leur couple, même pas une autre femme.

Manon reçut un coup de téléphone. Après une longue conversation avec son banquier, elle se dit qu’il était temps de feuilleter les relevés de compte. Jamais elle n’y prêtait attention d’habitude. Elle n’avait pas de patience pour cela, et Peter savait manier les chiffres, c’est donc lui qui se chargeait des comptes. Elle fouilla le bureau de son mari, à la recherche des relevés bancaires. Elle ne savait pas comment il triait ses documents. Elle s’arma donc de patience et inspecta toute la pièce. Elle mit enfin la main dessus. Elle était décontenancée.

Elle découvrait que de nombreux retraits avaient été effectués, et cela concernait des sommes astronomiques. Que se passait-il donc ? Que faisait-il de cet argent ? Pourquoi n’avait-il jamais parlé à Manon de ces retraits ? Quelque chose clochait. Sinon, elle aurait su où allait cet argent. Manon, voulait se rafraîchir un peu, et se détendre l’espace d’un instant. Elle décida donc de se faire couler un bain et de s’y plonger pour oublier ces derniers jours de chaos total. Le coma de sa fille, la disparition de son mari, les découvertes surprenantes de retraits d’argent. Pendant son bain, elle pensa qu’il fallait qu’elle fouille les affaires de Peter.

Une fois sortie de la salle de bain, elle descendit dans l’entrée de la maison et parcourut les différentes vestes de Peter. Qu’allait-elle trouver ? De plus, il portait son blouson de cuir et sa sacoche le jour de sa disparition ! Si ça se trouve, elle ne trouverait rien. Mais à la deuxième veste, elle mit la main sur une carte. La carte d’un casino. Depuis quand allait-il jouer dans les casinos ? Peter était-il mêlé à des dettes de jeux ? Les choses se compliquaient à mesure des heures passées.

En fin de journée, Manon était épuisée, elle avait rendue visite à sa fille à l’hôpital, et elle était encore sous le choc de la voir dans cet état comateux. Allait-elle survivre ? Oh, dieu que c’était dur d’imaginer de perdre sa fille, la chose la plus chère à son cœur, ce qui le faisait battre, ce qui lui faisait aimer la vie ! Manon, se devait de ne pas songer à ces choses-là.

Elle tenta de dormir. En vain. Le sommeil ne venait pas. Et pourtant, elle était éreintée, usée, mais la peur et l’angoisse la tenait éveillée. Vers trois heures du matin, elle parvint à s’endormir. Elle se réveilla en sursaut vers huit heures, lorsque la sonnette d’entrée retentit. Un coursier l’attendait pour lui livrer un colis. Elle ouvrit, la tête encore embuée, les yeux rouges et cernés, s’empara du colis et referma la porte.

Elle partit s’asseoir au salon, déposa le colis qui faisait son poids sur la table basse et s’empressa d’ouvrir ce carton.

Manon était figée d’effroi. Ces mains lâchèrent les bords. L’horreur se dessinait sur son visage, le dégoût, la haine, et la peur s’y mêlaient. Elle suffoquait. Elle se sentait partir, et soudain elle versa dans les limbes d’une syncope. Dans le colis, la tête tranchée de son mari, la regardait verser sur le sofa.

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