Un traître consentement

Elle le sentait bien ainsi… Tout se dilapidait sous le poids de son corps, bien trop endolori. Trop soustrait.

Les menaces, les injures, les insultes, les regards noirs, son insatisfaction perpétuelle, les accusations de tout et de rien voltigeaient en tout temps, en tout lieux. Bien sûr, tout lui était destinée à elle. Quoi qu’elle fasse, qu’importe ce qu’elle dise… La seule image qu’elle percevait d’elle au travers son être à lui, était d’une teneur fade, insipide, terne, vide… Une enveloppe sans substance, sans essence propre. En même temps, il y a fort longtemps qu’elle l’avait camouflée, enfouie peut-être même perdue. Au final elle ne savait plus très bien.

Tout dépendait de lui, tout reflétait de lui, tout devait respirer lui. Un brin d’elle ne devait apparaître. Sinon se taire.

Aucune idée, aucune réflexion ne devait transparaître d’elle. Et ses habits, bien trop voyants, bien trop colorés, trop attrayants… Ne pas attirer le regard… Passer inaperçue, être inexistante en somme… Elle suivait, elle devait, elle faisait, elle écoutait, elle trépassait.

La vie devait continuer ainsi, en tout cas la sienne. Où pouvait-elle trouver la force, l’opportunité, la faille pour redevenir juste elle ?

Elle ne la trouvait pas et restait ainsi, à quoi bon… De toute façon, tout était tracé, destiné, elle ne pouvait agir en rien et surtout, elle n’en avait pas le droit, aucune possibilité ne s’offrait à elle donc elle s’accommodait de son histoire.

Combien de temps allait-elle pouvoir tenir ainsi ? Allait-elle y arriver ? Et à quels sacrifices ? Combien en était le prix à payer pour vivre une vie qui n’était pas la sienne ?

Elle ne voulait plus courber l’échine mais elle avait tellement peur du lendemain…

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Comments

  1. Tellement juste. Malheureusement. J’en ai les larmes aux yeux.
    C’est la peur qui fait rester dans cette vie insipide, sans goût dans laquelle on perd de soi jour après jour.
    Puis un jour un déclic, une intuition. Il faut le/la saisir.
    Grosses bises ma belle (ça m’a rappelé un de tes textes percutant sur la violence conjugale qui m’avait prise aux tripes)

    1. c’est tout à fait ça, merci à toi pour tes gentils commentaires ma belle. Des bisous

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