Le 16 août allait bientôt être un des plus beaux jours de sa vie. Celui dont elle se souviendrait jusqu’à la fin de ses jours. Elle préparait tout minutieusement, consciencieusement. Elle était tellement excitée. Enfin, ils allaient célébrer leur amour et sceller leur union. Ils montreraient à tous leur bonheur sans faille et leur avenir plein de promesses.

Ce matin, Judith avait essayé sa robe, cette belle robe de mariée qu’elle avait déjà observée mille fois en vitrine. Une grande robe, ivoire et noire, faite de tulles et de taffetas. Bientôt ce serait la sienne, la sienne à elle et à personne d’autre. Le temps de l’essayage, elle s’était sentie belle, femme, prête à embrasser le monde et à partager enfin le reste de vie avec Bertrand. Dans sa robe, plus rien ne comptait, sauf l’amour que Bertrand lui portait et la bague qu’il lui passerait au doigt. D’ailleurs, c’est cela qu’elle venait récupérer en cette fin de matinée.

Elle s’était rendue à la bijouterie, près de leur restaurant préféré. Alice, l’hôtesse, l’avait reçue. Elle lui présenta alors les bagues qu’ils avaient choisies et commandées plus tôt. Elle se souvenait encore de cette journée. Ils étaient, tous deux, tombés amoureux des mêmes alliances. Elle avait choisie, un bel anneau en or blanc, surmonté de trois diamants au centre. Lui, avait choisi, un anneau qui rappelait la bague de Judith. A l’intérieur, ils y feraient graver la date de leur mariage.

alliance

Elles les observait dans leur écrin. Ils étaient si beaux, si brillants. Bientôt, chacun les porterait, pour le meilleur et pour le pire. Son cœur battait fort, elle était tout simplement heureuse. Sa vie était parfaite, comme elle se l’était imaginée.

Et d’ailleurs, elle devait vite rentrer à la maison. Il fallait qu’elle voie son fiancé pour lui annoncer cette superbe nouvelle. Elle piétinait d’impatience de lui faire la surprise. Hier, elle s’était rendue chez son spécialiste, et avait découvert à l’échographie, que leur amour avait donné la vie à un minuscule petit être au creux de son ventre. Elle voulait lui annoncer le lendemain, jour symbolique de la fête des pères. Elle s’imaginait déjà en train de le lui dire.

Sur le chemin, elle se demandait si ce serait un garçon ou une fille. Si c’était un garçon, elle voudrait qu’il s’appelle Paul, et si c’était une fille, elle aimerait l’appelée Sophie. Depuis qu’elle était adolescente, elle avait choisie, déjà, les futurs prénoms de ses enfants. Judith espérait que ces prénoms allaient plaire à Bertrand, car elle n’en avait jamais imaginé d’autres.

En arrivant à la maison, elle était tout de même un peu stressée, elle se demandait comment allait réagir Bertrand. Il ne pouvait qu’être heureux, n’est-ce pas ? La nouvelle allait le rendre fou de joie ! Il la prendrait dans ses bras, tout en lui disant qu’elle lui offrait le plus beau cadeau du monde !

Sur le seuil de la porte, elle ferma les yeux, prit une grande inspiration et esquissa le plus beau de ses sourires. Elle poussa doucement la porte, Bertrand se tenait juste là, devant elle, le visage fermé, les traits tendus, des valises à ses pieds et lui annonça sans détour : « Je te quitte. »

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