Une famille, une sculpture, une enveloppe

Dans la vie il y a les gentils et les méchants…

Elle était belle sa famille, elle l’aimait. Ses deux parents, Hervé et Jodie. Deux parents aimants, la quarantaine, tous deux travaillant dans une agence bancaire. Ses deux frères. Le plus grand, Thomas, en fac de médecine, cinquième année, le plus jeune Mathéo, en sixième quatre.

Elle était juste au milieu, ainsi protégée par son plus grand frère et protectrice du second. Elle avait selon elle, la meilleure place.

Maya les observait tous les quatre, attablés devant le superbe tajine qu’avait fait sa mère. Ils riaient, se racontaient leurs mésaventures de la semaine, ça débordait d’amour, de solidarité, de partage et d’honnêteté.

Ils devaient ensuite aller tous ensemble, aider Jodie à finir sa sculpture dans son atelier, au sous-sol. C’était en quelque sorte, une sculpture familiale, un projet ou tout le monde participait. Jodie faisait l’essentiel du travail, tout en leur apprenant comment sculpter l’argile, chacun aidait à sa manière. En guidant les mains de leur mère, en lui apportant ces outils ou en l’encourageant.

Une fois au sous-sol, chaque membre de la famille s’appliquait, ils voulaient que cette sculpture soit parfaite, puisqu’elle représentait Jodie, Hervé, Thomas, Mathéo et Maya. Ce chef d’œuvre allait être le symbole de leur unité ! Ils en seraient fiers.

Jodie avait bientôt finie sa pièce, il manquait la touche finale, une partie assez difficile mais elle allait s’appliquer et dans moins d’une heure son œuvre sera achevée.

La sonnette de la maison familiale se mit à retentir. Un ding dong particulier. Maya pressentait que quelque chose allait se produire. Un évènement dont personne ne se remettrait, surtout elle. Son cœur palpitait, il battait si fort, qu’il en aurait fait éclater sa cage thoracique.

Derrière la porte d’entrée, elle prit une grande bouffée d’oxygène. Elle tentait vainement de se rassurer en imaginant que c’était la voisine qui venait son chien comme chaque dimanche. Mais elle n’entendait pas Gribouille japper. Son cœur palpitait de nouveau.

Elle ouvrit la porte, étonnée de ne voir personne. Pas l’ombre de quelqu’un aux alentours. Encore des jeunes qui s’amusaient à sonner à toutes les portes. Quels crétins pensa-t-elle !

Tournant les talons pour refermer la lourde porte, elle y trouva une lettre reposant sur le paillasson. Sur le devant, était inscrit : Pour toi Maya.

Son visage était blême, livide, blafard. La lecture de cette lettre l’avait vidée de son sang.

Après la stupéfaction vînt le doute, puis la colère. Elle partit en courant au sous-sol, retrouver les autres.

Brandissant la lettre de sa main droite, elle se mit à crier : qui que vous soyez, dites-moi qui sont mes parents ?

Leurs mouvements, leurs souffles restèrent en suspens, la sculpture touchait à sa fin, mais n’était encore pas finie. Il manquait encore le visage de la seule fille de la famille.

La lettre tomba des mains de Maya pour venir s’échouer près de la sculpture.

On pu alors y découvrir une phrase écrite en gros caractère : « Cette famille n’est pas la tienne, demandes-leur la vérité et surtout, qu’ont-ils faits à tes vrais parents ? »

fille triste

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Comments

  1. Marie kléber says:

    Quel suspens!

  2. fedora says:

    Voilà que la chute titille ma curiosité 🙂

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